jeudi 23 juillet 2009

Ho night landes ♪

Episode Troisieme : Chant sylvestre, incendie.

Koryard, paisible, chantait. Les collines la berçait, immuables et réconfortantes.
Les hauts murs blancs laissaient s'échapper fumets odorants, témoins de la troisième huitaine et demi. Pleine de vie, la citée des landes resplendissait. En apparence.
Endeuillée, bien que colorée et claire, elle pleurait la perte de son Veilleur. La nuit, monstres de cauchemars et tristesse l'emplissait. Personne, pas même le chat, n'y déambulait.
Chant de vie, voile de mort, triste alternance.

Tout autour, chantaient les plaines. Au loin, la forêt de Koyiki, paisible, se sublimais, à l'approche du Zenith. Sa symphonie sylvestre, des oiseaux, des plantes, de l'air et des insectes, retentissait. Senteurs variées se mêlaient au ballet des lucioles, elles qui formaient un voile lumineux et scintillant dans l'obscure forêt, sous l'épais feuillage des troncs centenaires. Ca et là, parvenait un rayons diffus, donnant à quelque souche ou champignon un aspect mystique. L'Harmonie, compléter par les flûtes et les tambours des autochtones Mais bientôt, gâchée par le métal, cliquetant, des armures et des sabres, tranchant des arbres. Quiétude envolée, en un battement d'aile. Marche Impériale, violente. Terrible. Brulante. Lorsque que l'ermite leur barra la route, protecteur, il fut brûlé vif. Comme la forêt, et les sylfs pleuraient. Déjà, l'orée était en vue. Sortit de leur fournaise artificielle, ils arriveraient dans une fournaise naturelle, celle des landes brulantes de Koryard. Mais ils devaient arriver avant la Nuit, ou ils périraient par les griffes du fruit de leurs horreurs.

Hanryk, casquette trouée, salopette démesurée, insultant l'éclatant de la citée de sa saleté, circulait, ruelles étroites, traversées, toits bas, enjambées, portes ouvertes, empruntées. Tout raccourcis, bons à prendre, l'approchait de son but. Inaaf, maître de clef, l'attendait en place sainte. Grand, svelte, élancé, de blanc vêtu. On l'eu pris pour l'allégorie de la grande tour. Sa couronne, de l'Anno.
- Pour vous.
L'enfant tendait la clef noire et menaçante dans sa main frêle. De sa main à celle d'Inaaf elle passa, et les quelques pièces, du maître, passèrent dans celle du chenapan. Contrat remplis.
- M'ci m'sieur.
- Tu n'as pas à me remercier, c'est normal que je te récompense d'avoir retrouvé le bien qu'on m'avais dérobé.
Le maître de clef était sans âge, ses airs de vétéran lui en donnait un avancé, mais son attitude de charmeur un peu maladroit, un bien plus jeune. Un homme à part, hors du temps.
- Dites m'sieur, repris l'enfant, grand frère n'a pas... ?
- Oh, si, tiens, vas voir Olgaf.
Le postier, aux airs de piaf écervelé, se tenait toujours sur le rempart de la Petite Soeur. Cinq minutes suffirent, Hanryk, debout, main tendue, attendant son due. Olgaf le lui remis et sans tarder, l'espiègle ouvrit la lettre. Lettres décorées, illustrations merveilleuses, décorations et fioritures. Des rimes de quatorze syllabes... Une lettre de Lahyar, en somme.

Cher petit frèr, ô toi qui t'enquit là de mon état :
Hérissé était l'ennemi, l'Empire, nuisible,
Maintes fois il me conduisis aux portes du trépas.
Ricochant sur mon destin, tout ses assauts, risibles
Conduisirent à sa propre fin, inévitable.
Halt, fourbe assassin du Grand Frèr, qui va enfin payer.
Emportant mon due pour l'association, implacable,
Grace au Makalan'ya, util, enfin, j'ai triomphé.
Remercions-les, oublions-les, la page du livre tourne.
Anno, trésor de vie, d'espoir, qui nous sauvera tous,
Yeux du ciel, sphères étincelantes, à deux enfin tournent,
Avec les étoil, l'astre retrouvée, qui se courrouce
Rageur envers les derniers adversair, l'ayant occis
Car, récussité, rien ne peu l'arreter. Gloir à Lui.
Hidari, brill, vie.
...................Ton frand frèr, Lahyar, qui pense à toi.

Essuyant une petite larme, à toutes jambes, comprenant, il partit chercher le vieil homme.

lundi 20 juillet 2009

Dying Star

Episode Second : Souverain

Les murs suintaient, noirs, métalliques, l'odeur de la mort. Pas de lumière, mais une bougie, noire, à travers les barreaux, éclairant le cachot. Emprisonné, agonisant, et vivant. Cadavre pour seul compagnon, les journées passaient, les squelettes l'observant lécher l'eau chaude, immonde, coulant du plafond. Etait-ce l'enfer ? Non. Le pire que ça, il l'avait connu.

Il mordit dans l'os moelleux de sa gamelle.

 


- Les interrogatoires ne donnent rien, votre sainteté.

Le garde impérial, petit et trapu, avait été chargé d'apporter la nouvelle.

- Je veux des réponses, répondit simplement le souverain.

- Mais ? Il s'entête et...

Sa tête, décrivant un arc des épaules au sol, ne pu finir la phrase et colorai le marbre.

- Je VEUX des réponses, répéta-t-il, c'est le troisième cafard qui tente de dérober l'Anno cette semaine, si je vous ai dit de le garder en vie, ce n'est pas pour qu'il décors les cachots ! Si vous êtes des incapables, j'irai le faire parler moi-même, et il crachera jusqu'au moindre secret de ce monde, mais ne comptez pas sur votre solde ce cycle-ci !

- On a appris qu'il faisait partie du Makalan'ya, sire, se risqua un autre garde, et...

- JE ME FICHE DE CE GENRE DE DETAIL, JE VEUX SAVOIR OÙ ILS SE TERRENT ET POURQUOI ILS SE SUICIDENT SUR NOS DEFENSES !

Plus aucun garde ne prononça de parole, de peur que, dans l'état de rage de l'empereur, elle ne fut la dernière. Staltos descendit aux geôles, et fit apporter le prisonnier en salle de torture. Harnaché sur un simple X de bois, il regardait fébrilement le souverain, mais dans les yeux.

- Baisse les yeux.

Il n'en fit rien.

Un pieu, dans son bras, usé, les lui fit fermer. Eau, feu, acier, acide, poison, bois. Rouille. Des heures durant, les hurlements s'échappaient, mais point les mots. Et les morts ne parlent pas. L'empereur tâché, pourpre, suait. Faiblement, du prisonnier, les yeux rencontraient leurs pairs, en un défi.



- Que faire pour Lahyar ?

- Laissez au temps le soin de nous le ramener. Il s'en sortira, c'est dans son sang.

- Il se pourrait qu'il ne lui en reste pas, à cette heure.

Le grand frère, mort, présidait l'assemblée.



- HIDA...ri

Trois syllabes. Pour quelques secondes de repos. Une éternité.

- L'astre ? questionna le souverain.

- Vous l'avez tué...

- Je te tuerai aussi. Où vous terrez-vous ?

- ...

- Je m'en doutait.
Le souverain tira son épée, la plaça sous la gorge du criminel, et repris.

- Et Makalan'Ya ?

- Couverture.

- Je savais que ces brigands de pacotille n'avaient pas la trempe pour venir jusque chez moi.

Un sourire narquois se dessina sur le visage du despote.

- Dit moi où se terre ta secte et je t'épargnerais.

- Ma vie a moins d'importance que celle de celui que nous ressusciterons. Je vous emmènerais.

- Essaie.

Staltos leva sa lame. La lame s'abattit. L'homme s'écroulait, dans une gerbe de sang.

Tyran, pas souverain.

samedi 18 juillet 2009

Soir (Porteur de Lumière au Crépusucle de la Ville)

Episode Premier : Balanopolis, la citée lacustre.

La nuit allait bientôt voir arriver sa fin. La sphère blanchâtre berçait la ville endormie de toute son aura, mais on devinait la proche levée de sa sœur grâce à un on-ne-savais-quoi qui flottait dans l'air humide et chargé. Cependant, maintes constellations lui tenais compagnie jusque là, et leur splendide danse immobile ne semblait pas vouloir cesser. Unique source lumineuse terrestre, un lampadaire de fonte aux lanternes de verre illuminait la rue de sa douceur orangée. A son pied un jeune homme dormais, emmitouflé dans un sombre manteau de cuir et abrité sous un chapeau essoufflé par les précipitations. Le dos courbé contre le métal du porteur de lumière, les jambes repliés contre le torse et le front reposant sur les genoux, derrière le coude gauche, tout semblait comme une cocon bien recroquevillé, mais le bras droit, posé au sol, sur le fourreau d'une lame de mauvaise facture, sonnait faux dans cet ensemble. L'être était moins tranquille qu'il en donnait l'impression.

Les flots s'agitaient à mesure que le vent se levait. Les noirs nuages, s'avançant, menaçaient. Déjà tombait la pluie, que l'orage retentissait. En sursaut, réveillé, le garçon se relevait. Lentement, il passe son arme à sa ceinture, et la masqua du long pant de cuir bleu marine. La grande horloge, brouillée, affichait la première huitaine de la journée, à la grande chapelle, haute tour au cœur de Balanopolis. Les canaux devenaient impraticable, il devait continuer à pied. Un homme gris lui cria de ne pas rester là, en conseil, mais il n'en fit rien et sauta contre le mur, en face, attrapant le balcon d'un rebond. Il s'y issa et parvint sans mal au toit, glissant. Les toits de tuiles, dangereux, où il se risquait, le menaçaient d'un chute qui lui serait, comme à un autre, fatale. Malgré qu'il fut brusquement tiré du royaume des songes, il était parfaitement conscient. Le détail ne lui échappait pas et c'est aisément qu'il joignit le cœur de la citée. Murs blancs grisés par la pluie, toits plats et hérissés en leurs bords. Tôt, mais déjà patrouillaient les gardes. A la première occasion le monte-en-l'air rejoignit le sol de marbre. Contraste affligeant. A sa vue, deux hommes d'armures et de piques s'imposèrent à lui, lui sommant de repartir du quartier populaire -pour ne pas dire pauvre- d'où il venait. Il n'en était rien, pour eux, pire que pauvre, il était étranger, mais mieux fallait qu'ils l'ignorèrent. Faisant mine de repartir, se tournant, il dégaina l'épée et décapita le plus proche soldat. Leurs armures fastes présentaient un défaut au cou, lieu sensible non protégé. Le second pointa sa pique, rageur, vers l'assassin, sans couvrir le cris d'agonie de son binôme. L'hors-la-loi le dévia sans peine et d'un habile mouvement planta sa lame dans l'aisselle de l'homme. L'artère tranchée, il s'effondra. Déjà un bataillon accourrait, mais grande était la place et proche l'office de réservation des visites du palais.

S'y engouffrant rapidement, il ignora le cri de surprise de la secrétaire et à travers les couloirs continua sa course. Escaliers, tournants, corridors. Somptuosités, richesses, défilaient. Un garde impérial. Ne stoppant pas sa course, il teint fermement sa lame, et, glissant sur les genoux, courbant le dos, il passa sous les jambes du colosse, lui sectionnant des ligaments de la jambe gauche. De tout son haut, l'ennemi d'écroula. Face au mur, il ne pu qu'apercevoir deux gardes débouler, de chaque côté. Il ne s'en sortirais plus comme cela. Rebrousser chemin ? D'autres arrivaient derrière. Le T était obstrué d'adversaires de part en part. Se rendre ? Ils l'auraient tués. Rapidement, il se redressa.


A la salle du trône, l'Empereur fut prévenu de l'intrusions, les gardes recevaient leur insultes et leurs directives, certains accompagnant le souverains, d'autres se rendant au sommet de la tour et les derniers gardant la salle du trône ou allant stopper l'individu. Fière bonhomme, robuste bien qu'adipeux, Staltos menait la citée lacustre puissamment et discrètement, jouissant ainsi d'un fort capital sympathie chez les habitants. Les riches, du moins. Une main de fer dans un gant de velours. Et de soie. Véritable pourrit, il exploitait les pauvres et ne décorait son jardin que des plus beaux végétaux, ceux à la fois magnifiques et dociles, ceux qu'on appellent les nobles. Il portait le sceptre et l'épée, la couronne et la cape, tout les symboles d'une richesse exorbitante. Dehors, les témoins du jour et de la nuit l'observaient. C'était cette période des aurores où le frère et la sœur étaient encore là, mais qu'il commençait à s'estomper, galant, laissant l'or emplir le ciel. En vérité, Staltos arriverait au sommet de l'église avant le bataillon de garde qu'il y avait envoyé, lui et sa garde personnelle empruntant les passages secret, raccourcis d'un temps immémorial. Là-haut, l'Anno cliquetait en cœur avec le cadran. Lorsque la tour sonnait, il bourdonnait. Des gardes à chaque entrée, il serrait intouché. Déjà, le cri du voleur retentissait, et le cœur pleurait.


Percé au flan, il ne pu retenir l'hurlement. Il se débâtait comme un diable contre la demi-douzaine, mais ne pouvait au mieux qu'esquiver. Dehors retentissait la foudre, et la rage, à l'intérieur. A terre, presque mort, agitant le bras pour animer la lame contre les lances, les blessures se multiplient. L'espoir demeurait, presque éteint, lorsque qu'une tant attendue flamme le raviva. L'éclair, qui passa, fracassant, à travers le plafond de verre, explosa, réduisant en centre une partie du couloir, deux gardes, morts, les lances levés aux cieux ayant étés récompensées de leurs posture au ciel, avaient canalisées les forces de ce derniers aux hommes qui, trop faibles, furent carbonisés. Les décombres du reste s'effondrèrent sur les cinq hommes restants, du couloir, permettant au presque-mort de se rouler sur le côté afin de ne pas être écrasé par les suivants, et le séparant ainsi des quatre autres. Il eu la présence d'esprit que les autres n'eurent pas. Mais il aurait du mourir, le ciel en avait décidé autrement, et sa parole était indiscutable. Rampant, il parvint à un tournant, deux gardes arrivaient. La foudre ne frappe qu'une fois au même endroit. Le marbre rouge, de sang, s'illuminait, bientôt, tout devint blanc, flou, aveugle.

Silencieux.
Mort.

vendredi 10 juillet 2009

Rêve d'un soir d'été