-Donne moi du soleil !
Le petit être au chapeau de paille s'exprimait sèchement, visiblement irrité par la nonchalance de la jeune fille bronzée qui jouait nue dans le bac à météo. Il l'enjoint à nouveau de lui tendre l'astre, et elle fini par s’exécuter en laissant s'échapper un bâillement témoin de son ennuie. La boule rouge, incandescente, ballottait au bout du fil de nylon que tenait la jeune fille du bout des doigts. Sans aucune douceur, le personnage au chapeau de paille lui arracha le fil des mains et se précipita vers une grande échelle en duralumin qu'il s'empressa de gravir, en tenant précautionneusement le petit soleil suffisamment loin des barreaux en métal afin que ceux-ci ne fondent. En haut de l'échelle, il y avait un plongeoir. Le petit être s'avança dessus et se pencha au bord. En bas, il y avait la mer, qui s'étendait à l'infinie, et la moirée de celle-ci lui renvoyait le reflet éclatant de l'astre tenu captif. De sa main libre, gantée comme l'autre sous un cuir épais, il tira sur le fil de nylon et approcha le soleil de son visage, en prenant garde de protéger sa peau des UV nocifs de la super-mini-nova. Ce qu'il fit ensuite, il était seul à savoir comment le faire : il extrayait des petites boules composées d'hydrogène et d'hélium, les faisaient tourner très vite dans le creux de sa main, la tête baissée, puis les propulsaient très loin à l'horizon, au delà de la ligne violette séparant le ciel de l'océan.
Ceci fait, il redescendit, d'un bon, en se laissant glisser dans l'air à l'aide de l'astre dont il se servait comme d'un parachute. Il arriva juste au bord du bac à météo, en équilibre sur la mince paroi transparente, et attendit là sans dire un mot que la jeune fille récupère l'étoile naine qu'il tenait en laisse. Sa journée s'acheva ainsi. Il n'y avait rien d'autre à faire, aujourd'hui. La grosse grenouille avait dit qu'il n'y aurait que du soleil, aujourd'hui.
-Du soleil, du soleil, que du soleil, et pas une goutte de pluie !
C'était dommage, parce que le petit être au chapeau de paille, lui, il aimait la pluie. Et il détestait le soleil, le soleil qui lui brûlait la peau. Cependant, il ne pouvait pas pleuvoir tout le temps, sinon, les plantes ne pousserait plus, et il ne mangerait plus jamais de noix de Cajou. Et lui, il aimait les noix de Cajou.
Mais le lendemain, la grande grenouille dit également qu'il ferait beau, beau, beau tout le temps ! Le surlendemain, c'était la même chose, et le jour d'après, aussi. Ce manège continua inlassablement des mois durant. Le petit être au chapeau de paille cru qu'il devenait fou. Son chapeau se recroquevillait sous l'effet de la chaleur qui ne cessait d'augmenter et, sa peau, brûlée, se couvrait de douloureuses cloques jaunâtres emplies de pue. Il fallait que cela cesse. Un matin, à l'aube, alors que la grosse grenouille dormait profondément sur son nuage tout gris. Le petit être alla sur la pointe des pieds au bac à météo, et bondit sans hésiter à l'intérieur. La jeune fille bronzée y dormait elle aussi, paisiblement, et autour d'elle gravitait les astres et les nuages. Le petit être s'approcha d'un cumulonimbus gigantesque, qui ronflait bruyamment, et il le détacha. Puis il posa sa main gantée sur ce qu'il jugeait être la tête du nuage et il le caressa doucement. La masse d'eau, qui n'était pas du matin, se courrouça d'être ainsi traitée et s'éleva en grondant dans le ciel, libérée de son carcan de nylon. Aussitôt la voûte céleste teintée du cyan de l'aurore se déchira, et des trombes d'eau phénoménales s'abattirent sur le bac à météo et tout l’atoll de nuages gris. La jeune fille bronzée émit un gémissement et remua dans son sommeil : elle se réveillait. Alors la grosse grenouille elle aussi allait surement se réveiller. Le petit être au chapeau de paille mesura alors l'étendue de sa faute. Il allait être puni. Et peut-être même qu'il serait enfermé dans le bac à météo, et qu'il devra tendre les astres et les nuages à la jeune fille bronzée qui grimperait toute nue à la grande échelle de duralumin pour jeter des boules de feu sur le monde à sa place ! Et plus jamais il ne pourrait contempler la mer depuis le haut plongeoir, et plus jamais il ne pourrait sauter du haut de l'échelle et se laisser porter par les nuages ou les étoiles qu'il tiendrait en laisse. Et peut-être même que, pour le punir, il ferrait toujours soleil, et que lui, il allait mourir, et les plantes aussi, et qu'il ne mangerait plus jamais de noix de Cajou. Il fallait qu'il fasse quelque chose.
Un grondement s'éleva dans le ciel : c'était l'orage ! Ô désespoir ! La grande grenouille détestait ça. En réponse à ce cri du ciel, un hurlement déchira les tympans du petit-être au chapeau de paille : c'était elle, elle s'était réveillée. Il n'avait plus le temps de réfléchir. Ni une ni deux, il attrapa le soleil du bout du fil de nylon, bondit hors du bac à météo et grimpa aussi vite qu'il le pouvait à l'échelle en duralumin. Arrivé en haut, il s'approcha du plongeoir, et approcha l'astre de son visage comme il l'avait déjà fait des centaines de fois déjà. Alors il commença à créer de tout petits soleils dans le creux de sa main, comme à son habitude, et les fit tourner très vite sur eux-même, avant de les propulser directement vers le bas, dans l'océan infini, où ils s'éteignaient aussitôt avec un chuintement strident et force de vapeur. Il répétait l'opération infatigablement, du plus vite que ses petits bras le lui permettait, bien décidé à éteindre l'astre qui allait à l'avenir lui brûler la peau tout les jours lorsqu'il serait condamné à garder le bac à météo à la place de la jeune fille bronzée. Mais soudain, il l’entendu, elle, justement. Elle se trouvait juste derrière lui, à l'autre bout du plongeoir, un pied encore posé sur le dernier barreau en duralumin. Elle le sommait d'arrêter. Ce soleil, c'était un peu son soleil, après tout. Le petit-être au chapeau de paille ne lui répondit pas. Il continuait. Il ne fallait pas qui se laisse déconcentrer. Il devait aller jusqu'au bout, maintenant. Alors la jeune fille s'avança vers lui et, de son corps nu, tenta d'entraver ses gestes. Le petit être senti les doigts fins de la jeune fille griffer ses plaies brûlées et, d'une contorsion de douleur, il se délivra de cette étreinte du désespoir. Mais la jeune fille glissa sur le plongeoir mouillé par l'orage, et valdingua par dessus bord. Elle ne savait pas nager, elle non plus. Le petit-être laissa s'échapper de sa bouche cloquée un cri de protestation, mais le mal était fait : il l'avait fait. C'est alors que la terrible silhouette de la grande grenouille, menaçante, se dessina à l'orée du plongeoir. Elle était très en colère, au moins aussi en colère que le cumulonimbus qui déchirait toujours le ciel. Elle hurlait, et la jeune fille qui continuait de tomber hurlait aussi, et le ciel hurlait, et l'orage hurlait. Et lui aussi, le petit-être au chapeau de paille, hurlait. Il était terrorisé, alors il pensa à ce qui l’apaisait, et il pensa aux noix de Cajou, mais il n'y avait plus de noix de Cajou, et il n'y aurait plus jamais de noix de Cajou. Alors il pensa aux nombreuses fois où il avait plané quelques mètres avec le soleil, son meilleur ennemi, il se dit alors qu'il aurait aimé planer ainsi toute sa vie.
Il ne s'en était pas rendu compte, mais il avait bondi du haut du grand plongeoir. Tout les cri s'étaient éteints. Il planait au dessus de l'océan infini, tenant fermement le soleil essoufflé du bout d'un fil de nylon transparent. Il ne savait pas nager. Il descendait, vers les flots bleus. Tiens ? L'orage avait cessé. Le gros nuage avait du prendre le large, il était normal qu'il voulait voyager, après tout ce temps où il avait été enfermé. Tout était calme. Ce soir, le soleil allait se coucher, et il strierait l'océan de ses rayons orangés. Et le petit-être au chapeau de paille, il se coucherait avec lui.
Lahyar
Des essais d'écriture, des compte-rendus de randonnées, et quelques photographies, des expériences en vidéo et des dessins témoins de mon ennui. En étant régulier, on ne peu que progresser.
dimanche 11 septembre 2011
mercredi 17 août 2011
Nuit troublée.
Je n'arrive pas à fermer l'oeil, alors j'ouvre à nouveau Le coupeur de roseaux de Junichirô Tanizaki, dont j'avais lu d'un seul coup les deux tiers. Je finis la courte histoire -remarquable, à ce propos- et repose le roman sur ce qui me fait office de table de nuit, pensant que mon trouble provenait de ma curiosité à connaitre la fin de cette drôle d'histoire. Mais non, décidément, ça ne passe pas. J'ai des tas d'idées dans la tête, des questionnements aussi -surtout. Je me relève, vais à la cuisine, ouvre le frigo et boit du lait directement à la bouteille, n'ayant pas envie de laver un verre à cette heure, puis je m'approche de la fenêtre et passe quelque instants à tenter de percer l'obscurité de cette nuit d'été à travers le carreau. Un de mes chats, assis sur la table, me tire de cette rêverie par un miaulement plaintif. Je me retourne et je remarque qu'il me regarde l'air curieux, mais alors que je m'apprête à aller vers lui, il s'approche de moi et frotte sa petite tête contre mon coude. Je lui rend sa caresse puis vais chercher une assiette où je lui verse un peu de lait, avant de repartir à ma chambre, le laissant boire goulûment son ambroisie lactée.
J'imagine que c'est le rythme que j'ai pris depuis le début du mois de Juillet qui permet à mon cerveau de trouver légitime de tels déferlement de pensées à cinq heures du matin -déferlement que je n'ai pas l'énergie de retranscrire ici. Je suis donc responsable.
vendredi 12 août 2011
Interrogation du début à la fin
J'ignore encore sur quoi porteront les lignes qui suivront ces mots d'introduction lâchés au hasard.
J'ai envie d'écrire ; j'ai terminé de lire hier, Les Bébés de la consigne automatique de l'excellent auteur japonais Ryû Murakami. Et puis j'ai commencé Après le tremblement de terre de l'auteur éponyme Haruki Murakami. Ce sont deux styles bien différents mais je suis tombé amoureux de leurs oeuvre presque en même temps. Je ne saurais que vous recommander leurs ouvrages qui sont de vraies perles de la littérature moderne.
Pour ce qui est du japon, les séismes magnitudes six ou plus élevés frappent encore l'archipel sur sa côte nord-est, ayant secoué hier encore la ville de Fukushima. D'après les autorités compétentes, la centrale est sous contrôle, et la moitié des réacteurs du pays ont étés éteints par précaution, jugés dangereux. Le bilan est catastrophique, presque de quinze mille morts confirmés et plus de quatre mille cinq cents disparus, sans compter le manque d'énergie dans certaines zones et la nourriture contaminée par le césium radioactif.
Nous continuons à prier pour que les familles des disparus retrouvent au plus vite ceux que le tsunami leur a arrachés, qu'ils puissent faire leur deuil où, on ne peu que l'espérer, fêter leurs retrouvailles !
Une vision de cauchemars sur ce pays, donc, dont j'ai si souvent foulé le sol du pied, dans mes rêves, en attendant d'avoir l'occasion de le faire réellement ; mes études d'art devraient m'y mener, et je l'espère assez rapidement. Je me suis surpris, hier, alors que cela fait près d'un mois maintenant que je me suis mis sérieusement à l'étude de la langue, à pouvoir lire un texte en hiragana, le syllabaire japonais le plus utilisé. Bien entendu, je ne comprenais pas ce que je lisais, excepté un ou deux mots qui entraient dans le club pour l'instant très fermé de mon vocabulaire nippon, mais c'est déjà pour moi un significatif pas en avant.
J'ai conscience qu'il peu paraître prétentieux d'écrire ce genre de choses alors que mon blog a pour vocation d'être intéressant pour ses lecteurs, mais l'écriture est avant tout pour moi un expiatoire, et le fait d'expier mes pensées et de les cracher à vif sur la toile me permet de m'appliquer d'avantage, et de me contenir un peu plus que si j'étais largué au milieu de l'espace infini de la feuille de papier ou du document OpenOffice®. Un article sur un blog ressemble d'avantage à un sentier balisé, où m'égarer me sera plus compliqué. Mais je m'égare, justement, enfin, oui et non, car cet article n'a pas encore de titre et que je ne le lui donnerais qu'à la fin ; un titre vague, j'imagine, vu l'éparpillement dont je fais déjà preuve.
J'ai pensé à faire une vidéo, où je ne filmerais que des fin de choses : la fin d'un oeuf, soit son explosion lorsqu'il touche le sol après une chute vertigineuse du haut du frigidaire, la fin d'une journée, où le soleil se noie dans l'immensité des flots de la côte ouest, la fin d'une vie, lorsque l'oeil se révulse et se ferme, etc. ... le seul problème, c'est que j'ai beau y réfléchir, et c'est comme ça pour chacune de mes vidéos, mais encore plus pour celle-ci, je n'arrive pas à lui trouver de fin. C'est bête. Il me suffirais pourtant de la finir pour en filmer la fin et cela lui ferait une fin parfaire, mais ce ne serait pas si simple, car sa fin deviendrait alors la fin précédente que j'eu filmée, et donc, il me faudrait filmer cette ex-fin filmée afin de l'inclure dans ma vidéo pour qu'elle devienne sa vrai fin, et ce sempiternellement, jusqu'à ce que la mémoire vive de mon ordinateur ne sature et décide d'arrêter les moteurs, de couper les lumières et de faire disparaître dans les limbes binaires mon travail de la journée. Je devrais montrer ma vidéo aux spectateurs, puis mettre sur pause juste à la toute fin, et amener deux miroirs, un devant et un derrière l'écran, puis les laisser, comme ça, se perdre aux fin fonds de la myriade des reflets. Ce serait une bonne fin, pour eux. Ou plutôt, quand ils en auraient marre, ils s'en iraient, décidant eux même de la fin de la vidéo, et ce serait leur fin, leur fin à eux, celle qui leur correspondrait, mais moi ? Moi je n'aurais toujours pas de fin et puis, de toute façon, pour faire tout ce que je viens d’échafauder, il faudrait déjà que je la filme cette fin. Hé bien ? Quoi ? C'est déjà la fin ?
Libellés :
Arthur IRL nuit blanche
Pays/territoire :
La Guerche-sur-l'Aubois, France
jeudi 4 août 2011
Le long du canal - Première partie : le Moulin
Le soleil étirait de ses premiers rayons les ombres des pommiers sur la pleine. Sur les feuilles de leurs propriétaires, la rosée scintillante vibrait doucement, sous les caresses du vent frais. Je marchais depuis trois jours déjà, et je n'avais croisé que des êtres immobiles, végétaux en tout genres, à l'exception d'un petit groupe de chevaux sauvages. Je ne m'autorisait que peu d'heures de sommeil, voulant au plus vite rejoindre la civilisation, mes réserves de nourriture diminuant rapidement ; ah ! que j'aurais aimé ne pouvoir me nourrir que d'herbe grasse comme ces chevaux que j'avais croisé, et courir à leur vitesse sans être fatigué. Quels animaux extraordinaires étaient ces équidés ! Je m'imaginais déjà galopant à travers la pleine, mes semblables alezans autour de moi, menant notre clan sauvage vers des horizons lointains. Mais un gargouillement surgit de mes entrailles et me ramena à la réalité. Je décidai alors d'inspecter quelques arbres à la recherche de fruits bien mûrs. En moins d'une demi-heure, j'avais cueilli une douzaine de pommes aux couleurs variées, et m'en délectais tout en marchant d'un bon pas, satisfait.
Alors que le soleil déclinait, j'aperçu au loin les grandes ailes d'un moulin. Je hâtais le pas et l’atteignis peu avant la nuit. Harassé par mon voyage et alléché par la perspective d'un lit douillet où passer la nuit, je tambourinais malgré l'heure avancée à la porte de la bâtisse. Je cru surprendre du bruit provenant de l'intérieur et, pleins d'espoir, j’appelais l'utopique habitant en scandant que je n'étais qu'un humble voyageur désirant se reposer un peu, et sollicitant donc son hospitalité. Mais je n'eut pas de réponse. Je reculais de quelque pas et levait la tête. Le moulin, en pierre de taille fissurées ça et là, semblait branlant. Les ailes de bois, au nombre de six, esquintées, tournaient lentement, et la vue en contre-plongée que j'avais d'elles les rendaient bien lugubres. Pas une lumière ne filtrait des nombreuses ouvertures présentent dans la pierre. Je commençais à me demander si y entrer était une bonne idée. Alors que je tournais la tête à gauche afin de regarder la route que je me devais d'emprunter ce soir ou demain, à l'aube, un bruit de loquet qu'on soulève me fit sursauter. Je regardais à nouveau la porte du moulin et une petite silhouette encapuchonnée s'y dessinait, en contre-jour d'une bougie que j’apercevais luire faiblement derrière lui. Il tendit la main vers moi et me fit signe d'entrer. Je passais devant lui et franchi le seuil en le remerciant de m'avoir ouvert la porte malgré l'heure avancée. Je ne sais alors si il avait surpris dans ma voix une once d'inquiétude, mais il me répondit par un rire moqueur, à peine étouffé, poussé derrière sa main noueuse d'une voix de vieille femme. L'intérieur était meublé de façon sommaire, il y avait un lit grossier et une table bien pittoresque sur laquelle des bouteilles encrassées s'entassaient dans un équilibre défiant toute logique. Une armoire, dans un coin, à bout de souffle, semblait me regarder de haut. la bougie était accrochée au mur du fond, pile en face de la porte, et surplombait une sorte de coffre au cerclage métallique. C'était tout. Quelques tentures jaunâtres, aux murs latéraux, n'égayez pas la pièce, bien au contraire.
En m’avançant dans cette pièce, je découvris l'échelle, près du coffre, qui permettait d’accéder à l'étage où sans nul doute le personnage qui m'offrait le gîte moulait le grain dans la journée, à en juger par le bruit sempiternel des rouages que l'on surprenait à travers le plafond fait pourtant de bien épaisses lames de bois. Quand je me retournais en direction de la porte, la vieille dame -car il s'agissait d'une dame- avait enlevé sa capuche, me révélant son visage criblé de rides et, un tabouret sorti d'on ne sait où dans chaque main, elle me pressa de sa voix essoufflée d'en prendre un des deux et de m’asseoir à la table. Je m'exécutais et, alors qu'elle se joignit à moi, un cri rauque et strident venu de l'étage me fit tressaillir. La vielle me demanda ce qui me prit, et je ne su que lui répondre, voulant prendre mes jambes à mon coup et partir en hurlant sans me retourner. Elle grommela alors quelque chose que je ne saisi pas, puis déboucha un flacon gris qui laissa s'échapper une odeur enivrante et fruitée. Alors que la vielle femme en versait un liquide doré dans deux gobelets tâchés, j'entendais, maintenant très distinctement, des claquements secs et répétés qui se mêlaient aux bruits sourds des engrenages du moulin. Mais ils n'étaient pas là quand j'étais entré, j'en étais certains. Aussitôt que mon hôte eut terminé de servir les boissons, les claquements cessèrent, m'assurant alors qu'ils ne provenaient pas de la machinerie à grains. Angoissé, je pris le gobelet en remerciant la vielle femme qui me le tendait en souriant de sa bouche édentée. Je reniflais le liquide, il sentait la pomme. Un peu rassuré que ce fut du cidre et non une potion de sorcière, je trempais lentement mes lèvres dans le liquide tiède. Un phrase de la dame me fit sursauté. Elle me disait qu'elle me trouvait bien livide, mais savait-elle que c'était par sa faute que j'étais dans un tel état ? Je lui dit alors que j'étais exténué et que cela faisait trois jours que je marchais par delà la campagne, ne croisant pas âme qui vive, et que j'étais à bout de nerf. Elle me répondit qu'elle comprenait d'une voix de grand-mère bienveillante, qui n'eut que pour effet de me faire me sentir d'avantage mal à l'aise.
Elle vida alors d'un seul trait son godet et se leva en s'appuyant sur la table, ce qui fit grincer cette dernière, à moins que le son n'eut provenu du dos même de la vielle femme. Elle filait ensuite vers l'armoire et en ouvrit une porte, pour y prendre quelque chose, me laissant sans le vouloir y entrevoir force de bocaux emplis de liquides inquiétants, mais alors que je fronçais les yeux et pensais y distinguer, dans la pénombre, des bestioles flottant dans une gelée verdâtre, la vielle refermait la lourde porte en noyer et me grondait d'aller me reposer, tout en jetant au pied du placard un sac de toile qui souleva, en touchant le sol, un nuage de poussière. J’acquiesçai de la tête, finissais mon cidre rapidement et m'allongeais sur le sac, remplis de paille, au pied de l'armoire. La vieille hocha la tête, d'un air satisfait et parti s'allonger à son tour. Je la regardais disparaître sous la couette grossière de son lit, dans la pénombre, quand j'entendis, juste au dessus de moi, un chuintement interminable. Haletant, les mains crispées sur ma paillasse, je serrai fort les dents pour ne pas crier, faisant grincer mes molaires. Lorsque le bruit cessa, je restais longtemps dans cette position, immobile, respirant à peine, puis, je ne sais à quel moment, la fatigue accablant mon corps se fit plus forte que la peur générée par mon esprit, et je sombrais alors dans un sommeil agité, empli de rêves angoissants qui faisaient tournoyer autour d'un moi nu des sorcières riant sur leurs balais volants et des ogres immenses qui arrachaient les ailes du moulin et me les lançaient dans l'espoir de traverser avec mon corps de part en part...
Elle vida alors d'un seul trait son godet et se leva en s'appuyant sur la table, ce qui fit grincer cette dernière, à moins que le son n'eut provenu du dos même de la vielle femme. Elle filait ensuite vers l'armoire et en ouvrit une porte, pour y prendre quelque chose, me laissant sans le vouloir y entrevoir force de bocaux emplis de liquides inquiétants, mais alors que je fronçais les yeux et pensais y distinguer, dans la pénombre, des bestioles flottant dans une gelée verdâtre, la vielle refermait la lourde porte en noyer et me grondait d'aller me reposer, tout en jetant au pied du placard un sac de toile qui souleva, en touchant le sol, un nuage de poussière. J’acquiesçai de la tête, finissais mon cidre rapidement et m'allongeais sur le sac, remplis de paille, au pied de l'armoire. La vieille hocha la tête, d'un air satisfait et parti s'allonger à son tour. Je la regardais disparaître sous la couette grossière de son lit, dans la pénombre, quand j'entendis, juste au dessus de moi, un chuintement interminable. Haletant, les mains crispées sur ma paillasse, je serrai fort les dents pour ne pas crier, faisant grincer mes molaires. Lorsque le bruit cessa, je restais longtemps dans cette position, immobile, respirant à peine, puis, je ne sais à quel moment, la fatigue accablant mon corps se fit plus forte que la peur générée par mon esprit, et je sombrais alors dans un sommeil agité, empli de rêves angoissants qui faisaient tournoyer autour d'un moi nu des sorcières riant sur leurs balais volants et des ogres immenses qui arrachaient les ailes du moulin et me les lançaient dans l'espoir de traverser avec mon corps de part en part...
Libellés :
Fiction,
Le long du canal
Pays/territoire :
La Guerche-sur-l'Aubois, France
samedi 30 juillet 2011
Une ballade en voiture.
Je regardais le tableau qu'encadrait les rebords de la fenêtre encrassée, à bord de l'automobile essoufflée qui me portait à travers d'interminables routes toutes aussi usées qu'elle, serpentant entre de vertes prairies vallonnées et des forêts aux arbres variés et disposés de façon hasardeuse par la main de la nature. Je somnolais et, se faisant, les paysages ne se succédaient non plus naturellement mais comme les chambres d'un hôtel gigantesque : je roulais le long du couloir du sommeil, puis je me réveillai et, à demi-conscient, j'essuyai mes pieds sur le paillasson d'asphalte et ouvrai une porte ; j'y voyais de grosses vaches paissant nonchalamment, au loin une fermette au toit de tôle grossier et dans le ciel, des nuages, dont l'un avait la forme étonnante d'un cerf volant, comme si le fils d'Eole eut décidé qu'il faisait un temps idéal pour jouer dehors. Puis je refermais la porte et mon replongeais dans le couloir sombre de mes rêves composés par le paysage qui défilait devant mes paupières closes et par les bruits de moteur qui filtraient à travers mes tympans d'endormi. Nouvelle chambre, nouveau paysage : de fous épis de blé ondulaient fortement sous les coups du vent, frôlant la cassure, jouant à un jeu terriblement dangereux vis-à-vis de l'exploitant qui les avaient plantés là. Le ciel, lourd, grisâtre, semblait être sorti de la cuisine où il s'affairait aux fourneaux afin de gronder ses petits les épis qui faisaient les fous avec le vent violent. Puis tout de suite, s'était des arbres, de toute sorte, de toute taille, au camaïeu marronâtre, qui dansaient dans une ronde sur un rythme effréné, et dont les feuilles, tantôt jaunes et tantôt vertes, se mélangeaient en une étrange stroboscopie. Ils se succédaient à une vitesse effarante, comme pour éviter que ne tombe sur eux la pluie battante -je l'entendais marteler leurs troncs malgré tout. Leur danse sauvage était interminable, et ils dansaient encore lorsque je fermais la porte, tout en sachant bien que je ne pourrais plus alors danser avec eux.
Je restais longtemps seul dans le couloir, puis de vieux amis m'y trouvère. Ils n'étaient pas dans l'hotel quand j'y suis entré, alors ils n'avaient pas dû à mon instar s'arrêter à toutes les portes, et m'avaient ainsi rattrapé. Nous échangeâmes de cocasses souvenirs, et fabulâmes sur un futur plus qu'improbable. Et puis ils s'évanouirent, et j'étais seul dans une réalité semblable à la mienne, ne différant que dans le fait que mon école avait fusionnée avec un parc d’attraction et un temple bouddhiste, et que j'y disputais une course d'orientation où les participant devaient user de discrétions afin de s'infiltrer au coeur du temple et d'y récupérer les items qui signeraient leur salut sur le podium. Alors que je m'y préparais, je fus brusquement embarqué dans une camionnette blanche par des personnes voulant m'anesthésier. Des hommes couverts de bleus surgirent afin de me protéger, je pris un coup perdu dans la bataille, et je me retrouvais projeté contre une surface presque transparente, dur, froide, derrière laquelle perlaient des gouttes de rosée.
Je fronçais les yeux, et la mise au point se fit lentement sur l'arrière plan : une grande prairie d'or, avec au fond le soleil déclinant qui baignait les collines. Je me frottais le crâne en éloignant mon crâne de la vitre de l'automobile puis jetai un regard en arrière, alors que le véhicule négociait un virage serré : l'astre du jour se trouvait maintenant derrière moi et semblait me poursuivre, semblait vouloir me transpercer en dardant ses rayons bouillants. Il y avait quelques agneaux qui profitaient des dernières minutes de soleil bénéfique pour pacager goulûment, et je me rendais compte que ce paysage m'était familier. J'arrivais chez moi alors que la carlingue du véhicule était déjà toute emmitouflée dans le manteau des ténèbres.
Combien de temps avais-je dormi ?
Pays/territoire :
La Guerche-sur-l'Aubois, France
jeudi 28 juillet 2011
Mélodie mortelle
La pluie battante frappait en une parfaite diagonale les toits accidentés des vieux immeubles, ruines qui autrefois formaient le quartier résidentiel de la ville de New Beijing. Entre ces vestiges inhumés du cimetière du passé, le chemin boueux, jonché de pièges mortels astucieusement mis en place par la perfidie du temps, apparaissait comme un autel sacré voué au culte du silence : pas un bruit ne s'y élevait. Le son de mes bottes martelant le sol à un rythme soutenu s'enfonçait dans la boue à l'instar de mes semelles, et y était étouffé en entier. Si j'avais crié, une main en béton armé serait sortie du cadavre d'une bâtisse pour s'enfoncer dans ma gorge, en une fraction de seconde, afin d'y étranger mes cordes vocales. Alors j'étais comme tout ces hommes sans âmes qui erraient dans les détritus, cherchant bêtement un cadavre pas trop moisis à grignoter : je ne m'autorisais à actionner mes mâchoires qu'afin de montrer mes dents, comme un chien, à celui qui me disputerait mon cran d'arrêt ou mon grille-pain trouvé au hasard de ma marche désincarnée.
Depuis que le gouvernement avait décidé d'effacer de sa carte d'État Major cette verrue qu'étais ma ville, je survivais dans cette réinterprétation de New Beijing faite par les bombes incendiaires et les raids aériens. En deux ans à peine, j'étais passé d'interprète pour touristes purulents à corps muet et hagard ; tout le langage s'était éteint au moment où les bombes avaient jouées la dernière note de leur éloge funèbre -lorsqu'elles se turent, plus rien n'osa jamais sonner à nouveau. C'était dans le silence que chacun s'affairait égoïstement, à la façon d'une fourmi dont la colonie viendrait d'essuyer la mort de sa reine, mais qui ne serait pas disposée à en élire une nouvelle. Seul un bruit, un seul, funeste au possible, osait parfois braver l'interdit : celui du coup revolver libérateur, seule clef de sortie de cet enfer silencieux, qui conduisait à une mort certaine et stridente : celui qui se suicidait ou se faisait tirer dessus prenait connaissance du paradis pendant la fraction de seconde où la balle fuselée traversait bruyamment sa boîte crânienne, cassant ses os, brisant son cartilage, pénétrant à tout vitesse dans sa cervelle et l'explosant en un apothéose de sons variés et dégueulasses : une bouillie -un festival- fusait alors à l'extérieur de son ersatz de caboche et se répandait en giclant sur l'asphalte esquinté du monde extérieur, et le type donnait sa vie pour faire revivre New Beijing quelques instants, jusqu'à ce que la dernière de ses goûtes de sang éclate sur le bitume.
Voilà ce qu'était le requiem du vingt-deuxième siècle.
Libellés :
Fiction,
New Beijing
Pays/territoire :
La Guerche-sur-l'Aubois, France
lundi 25 juillet 2011
Sous couvert d'un ciel électrique.
Pas plus tard qu'il y a quelques jours, j'ai décidé d'aller fouler à l'aube les routes bordant les exploitations guerchoises. Cette épopée -souffrant d'une durée minable- m'apporta étrangement son lot de plaisirs, simples mais de ceux qui vous restent en mémoire et se cristallisent en souvenirs impérissables, tels des diamants dans les méandres de votre cortex.
Mais je devrais commencer par le début, en vous parlant de moi et mes récentes habitudes : je suis né à Saint-Doulchard (le commencement est le commencement) et, enfant, j'adorais courir. J'ai perdu quelque peu ce plaisir au début de mon adolescence, ma jambe gauche ayant décidé de me faire souffrir. Cependant, avec le vent qui vous enveloppe lorsque vous galopez, les gouttes d'eau que vous écrasez contre votre front, la sensation de vie qui s'empare de votre être à la fin d'une longue course, nous avons là des sensations inextricables, qui vous sont pour ainsi dire enchaînées aux viscères. Aussi, quelques heurts psychologiques, me plongeant dans un état certain de mélancolie (que je vous exposerais plus tard) ont submergés ces envies dans le lit de mes entrailles et, sentant qu'on eu tenté de les noyer et craignant pour leur pérennité, mes vieilles lubies sont remontées en quatrième vitesse à la surface de ma tête et, me prenant par la bride, m'ont remis à la course. J'essaie de courir désormais tout les matins, et je tenais le rythme scrupuleusement jusqu'à quelques semaines, ou les voyages répétés pour cause de déménagement m'ont provisoirement fait perdre ma motivation des derniers -et premiers- jours. N'étant pas désireux d'avoir à les exhumer à nouveau -comme ce blog aujourd'hui- je me suis rapidement remis à la course. Un beau matin, à l'aube de l'aurore pourrait-on dire, j'ai enfilé mes chaussures de sport et suis parti sans bruit, emmitouflé dans la brume matinale exaltante que la terre exhale à son réveil.
Je commençais doucement, ayant conscience que mon corps ne me répondrais pas comme je l'entendais après une nuit complète sans avoir fermé l'oeil. Je ressenti rapidement le contre-coup lié au manque de sommeil ; c'est étrange que je le ressente aussi vite me suis-je dit alors, aussi continuais-je à courir. Mais bien vite, je fus forcé de ralentir significativement ma vitesse et de marcher calmement. Mon coeur battait deux fois pour une, comme si deux autres ventricules, plus petits que leurs originaux, étaient nés à l'intérieur même du muscle qu'ils singeaient désormais. J'allais au pas, donc, observant les prairies vallonnées où paissaient quelques chevaux du club équestre situé non loin de chez moi. Je regardais ma montre : cela ne faisait qu'un quart d'heure que j'étais parti de chez moi. Je passe ce gros arbre et je me remet à courir me suis-je promis. Aussitôt la vénérable plante dépassée, je frappai du pied l'asphalte encore humide de rosée, me lançant pour une course au rythme plus modéré, lorsque que le chant du coq, tout près de mon oreille, derrière cet arbre, me surpris. J'avais réveillé le coq ; ce matin là, dans cette ruralité, c'était moi qui avait donné le début du jour, c'était moi qui réveillais la vie. Le sourire au lèvres, je tournais la tête pour voir le pauvre diable que j'avais tiré de son lit de paille, puis je regardais loin devant moi, ne voulant pas troubler d'avantage ma respiration déjà haletante.
Je n'en pouvais déjà plus. Vingt-cinq minutes depuis mon départ et, sentant que je commençais à m'égarer dans la campagne berrichonne, je me résignais à faire demi-tour, tant que je me rappelais encore dans quelles directions j'avais tourné. Je m'engageais alors sur le chemin du retour, le même qu'à l'aller, aussi court, mais dans l'autre sens, si ma mémoire me l'accordait. Je fus immédiatement saisi par la force pénétrante de la couleur du ciel, un bleu cobalt qui vous évoque les puissants orages d'automne, une de ces rares teinte que mes yeux pourtant très bleus pouvaient jalouser. D'un coup, la campagne entière s'était vêtue d'une robe électrique, se teintant d'un bleu-gris ultra-contrastant. L'astre doré la fardait de ses rayons diffus comme les insectes étalent au sol une poudre d'or lorsqu'on les y écrasent. Certainement est-ce un fantasme de mon esprit, mais j'eu l'impression d'être plus performant au retour qu'à l'aller, comme si l'énergie du temps orageux, captée par l'asphalte, m'était transférée pour mon exploit récent, celui du coq.
C'est donc à demi-content, à demi-déçu que je passais chez moi un coup d'éponge sur la semelle en plastique de mes chaussures : je passais l'éponge sur ma performance déplorable, et me félicitais d'avoir pu courir un peu sans avoir dormi, de ne pas m'être perdu en ayant pris trois virages et quatre lignes droites, et d'avoir réveillé un coq tout en étant coincé dans l'hier, point de vue du sommeil. Je suis bien peu de chose.
Pays/territoire :
La Guerche-sur-l'Aubois, France
Présentation (d'une banalité sans commune mesure).
Arthur -Cheddar- Barbe, d'Octobre 92. J'ai découvert récemment que j'étais du groupe sanguin A+ ; c'est étrange mais un doute planait sur la qualité de mon sang depuis déjà force d'années ; ce voile levé je peu enfin aller de l'avant. Je décide ainsi de remanier mes sites internets, mes comptes, etc. et de me remettre à ce blog d'écriture, désirant de voir à nouveaux vos globes d'inconnu baigner dans la moire virtuelle de mes lignes de pensées. J'efface, donc, je fais tabula rasa de toutes les erreurs que j'ai pu faire sur la toile et je fais de mon mieux pour que ce que je poste ne fasse pas mal aux yeux. J'étais friand d'orange -et je le suis toujours- mais ce n'est pas la plus digeste des couleurs pour le nerf sciatique, surtout lorsque, comme moi, on en abuse à outrance. Aussi, ce blog sera verdâtre, dans l'espoirâtre qu'une horde de lecteurs y trouve de l’intérêt.
J'étudie -ou plutôt j'apprend- en école d'art (à l'ENSA de Bourges, très exactement) depuis l'an passé, deux mille dix, année qui a vu mourir ma minorité. L'art vidéo me passionne et je m'y adonne déraisonnablement et sans grand sérieux pour l'instant, chose à laquelle il me faut remédier si je désires que les sous continuent à tomber (même si c'est par de grandes bêtises -que je nomme "cheddaries") qu'il a commencé à rentrer, le doux pécule). Je peint exécrablement mal, je dessine comme je peu (et bientôt comme je veux, car c'est en dessinant que l'on devient dessinateur) et je sculpte des choses qui me plaisent, plaisent à quelques personnes étranges, mais horripilent mes professeurs. Ils faut dire que mes "monstres sociétaires" n'ont rien pour eux, si ce n'est moi. Pour ce qui est des photographies, on m'en a parfois dit du bien, sur mon deviantArt par exemple, mais je doute d'avoir un grand talent dans ce domaine, même si j'aime à le croire. En fait, c'est, je cite "mon humour salvateur", ma franchise (ma naïveté ?), mon imagination et mon argumentaire qui me sauvent à chaque fois. Quatre amis fidèles que je ne manque jamais d'inviter à ma table (d'écriture).
D'ailleurs, il est l'heure.
De passer à table.
Pays/territoire :
La Guerche-sur-l'Aubois, France
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